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Monsieur
Vieil Ours est concierge dans un vieil immeuble de Marseille. “Ses”
locataires, comme il dit, sont tous étrangers, ou presque ; et qu’ils
viennent du Pérou, de Laponie, d’Afrique Noire, d’Océanie, ou de Japon,
le bonheur pour eux n’est pas vraiment au rendez-vous... Monsieur Vieil
Ours s’en rend bien compte en triant leur courrier où dominent les mauvaises
nouvelles. Seule exception à ce concentré de monde dans un petit immeuble
gris, Frimouss’ le marin qui, malgré sa jeunesse, a déjà parcouru plusieurs
fois la terre entière. Peut-être n’y a-t-il pas plus étranger que lui
? Ce soir, comme deux ou trois fois par an, Frimouss’ rentre de voyage,
en ne rêvant qu’à une chose : repartir ! Ce soir, comme trop souvent,
Monsieur Vieil Ours voudrait brûler le courrier qu’il doit pourtant
monter
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![]() aux gens de “son” immeuble, comme il dit. Ce soir, Madame Kinichawa sent bien qu’elle va bientôt mourir et son dernier voeu serait de recevoir une branche de cerisier en fleur qui vienne de son pays, le Japon. C’est ce qu’elle demande à Monsieur Vieil Ours. Et il a beau râler après Madame Kinichawa comme il râle après tous les autres, Monsieur Vieil Ours ne peut pas rien |
lui refuser, comme il ne refuse rien aux autres. Sous ses airs bougons
et rustauds, il a un coeur d’or, Monsieur Vieil Ours... Oui, mais voilà
: il n’a jamais quitté Marseille... Heureusement, Frimouss’, lui, est
prêt à réembarquer. Et voilà nos deux compères en route pour le Japon
par des voies buissonnières qui feront découvrir à Monsieur Vieil Ours
bien d’autres pays, ceux dont lui ont tant parlé ses locataires. Un
voyage ailleurs pour connaître et comprendre les gens d’ici.Et au passage
quelques leçons de curiosité et de tolérance, qui verront aussi se rapprocher
le vieux concierge grincheux et le petit mousse rusé. Dans le monde
d’aujourd’hui, quand deux êtres si différents peuvent encore se rapprocher,
c’est que, peut-être, tout est encore possible...
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